AKUE OBIANG ZUE NGUEMA OSOMO MVOMO EKONSONE NDONG

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Dernière mise à jour le 20 Août 2009

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DU MVET

Sommaire: Petit historique du Mvet - Grandes personalités du Mvet - Les plus grands barbes, ...

Quelques extraits : Audio Akuè Obiang Audio Mvomo Eko Zuè Nguema Etougou Ndong Audio Eyi moan dong



Petit historique

Deux concepts permettent de cerner l'âme du peuple Fang ou Beti, le concept d’Ondzabogha et le Mvet. Selon feu le patriarche Obiang Ndong Gaubert, ancien combattant franco gabonais, le Mvet existerait depuis 3000 ans avant la formation de l’Égypte pharaonique, est ce que le Fang qualifie de l’art total. Le Mvet est originaire des pays Boulou, Ewondo, Beti et Fang de l'Afrique centrale. Le Mvet désigne habituellement trois choses différentes qui sont cependant liées entre elles comme les membres d'une même famille : le diseur, la harpe et le récit (nous y reviendrons plus loin). Le Mvet est complexe. Cette complexité est surtout due à la pluralité des idiotismes dans la littérature épique du Mvet et au niveau du ton lingustique utilisé par les diseurs. Rappelons qu'un idiotisme est une construction gramaticale, une locution qui ne peut se traduire littéralement dans une autre langue que celle où il a cours. La littérature du Mvet, par essence orale, cela va sans dire, a ses propres idiomes et idiotismes. On peut prendre pour exemple cette locution qui vient très fréquemment : "Siñ éloualoua é!" pour dire : Chantons les exploits et hauts faits des Ekañ. Tout ceci rend la traduction du Mvet difficile, voire impossible. Il en va de même pour les auditeurs non avertis. En effet, lorsqu’un néophyte arrive à une séance de Mvet, il pense assister à une prestation musicale traditionnelle ou folklorique. C’est vrai parce que l’instrument Mvet en soi est une sorte d’harpe cithare et toute la séance est enjolivée de chants que reprend en chœur l’assistance. Mais cette vision est étriquée, car au delà de cet aspect musical et folklorique, le Mvet est une nébuleuse rassemblant aussi bien l’épistèmê que d’autres domaines du savoir humain.

La portée épistémologique du Mvet place cet art à la croisée des chemins entre les sciences et les croyances humaines. En effet, le Mvet concilie science et croyance religieuse plaçant le verbe au commencement, lequel verbe a précédé la grande explosion appelée " Atàrga. " C’est Éyo, le créateur incréé, qui parla le premier et la première fois lorsqu’il engendra le cuivre qui, à son tour engendra un œuf. L’entretien entre Éyo et l’œuf de cuivre aboutit à l’explosion de ce dernier. C’est ce que la science occidentale appelle Big bang et que le Fang appelle Atàrga. Il existe donc, en dehors de l’exemple sur le commencement de l’Univers, une autre ribambelle d’exemples scientifiques tels que l’astrologie, la biologie, la mathématique et la physique entre autres.

Au niveau religieux, le Mvet enseigne le monothéisme chez les Fang puisqu’il parle du Dieu unique, Eyo, l’incréé créateur de divers esprits. Ces esprits sont les différents chemins par lesquels les différents peuples de ce monde doivent atteindre Eyo. C’est ainsi que l’esprit qui doit conduire le peuple Fang chez Éyo est Zame ye Mebeghe. Cet esprit, qui est aussi l’ancêtre commun des Fang, travaille conjointement avec les ancêtres, les fantômes pour protéger le peuple. En marge de cet aspect religieux, le Mvet enseigne, la démocratie, la sociologie, l’histoire, sans oublier qu’il est lui-même une philosophie et une littérature. Tous ces enseignements sont transmis à travers les générations par les diseurs de Mvet dont Oyono Ada Ngône, le premier à qui le Mvet fut révélé.

D’autres illustres diseurs ont succédé à Oyono Ada Ngône, c’est le cas d’Ebang Elie Mintem, Menguire m’Édang, Edou Ada, Zwé Nguéma, Mvômo Ékô’o, Akuè Obiang, Éyi Nkoghe dit Môan Ndong et Tsira Ndong Ndoutoume, entre autres. Tous nous ont quitté physiquement, mais leur immortalité est effective puisque leurs nombreux récits nous accompagnent quotidiennement.

Le principe de tout récit de Mvet est l’opposition entre deux mondes : les immortels habitant le sud (Engong) et les mortels habitant le nord (Oküi.) Des nombreux récits des anciens qui nous bercent au quotidien, il y a Zong Mindzi mi Obame de Zwé Nguéma. Zong Mindzi mi Obame est ce mortel qui s’est assigné la rude tâche de tuer un immortel. Il y arrive en tuant Nkoudang Medza Metougou, cette charmante fille qui est éprise de lui. Mais les immortels le tuent à leur tour. Aloum Ndong Minko et Ngâne sont deux autres célèbres récits connus du monde Fang. C’est, cette fois-ci, Mvômo Ékô’o qui nous les livre. Aloum Ndong Minko est l’homme puissant du Nord qui ne construisait qu’avec la peau des hommes. Son entreprise – ôter la vie à quarante humains – fut écourtée lorsqu’il prit la peau du beau père de deux immortels, car ces derniers lui livrent une guerre sans merci. Nul doute que les récits les plus présents actuellement sont d’Akué Obiang. Parmi les plus célèbres il y a le tout dernier, Abiè ou jeux de cartes. Abiè est un récit qui met à jour les querelles intestines entre les immortels. En effet, un religieux d’Engong, inquiet de la montée du poker dans le village, se décida de l’interdire en passant par l’ultime jeu dont le gagnant resterait le seul joueur à Engong. La querelle intervient au moment où l’initiateur du jeu veut passer outre le réglement du jeu, pourtant établi par lui-même. Biang Duma ou le fétiche de la célébrité, est autre récit d’Akuè Obiang. Ce récit met en évidence un immortel, Effoua Medang, qui, frustré d’être moins célèbre que son cadet, alla consulter le féticheur du village, Angoung Bere, qui lui demande en contre partie de tuer sept belles mères d’Engong. Effoua Medang respecte ces consignes en tuant six belles mères. Mais le problème se pose lorsqu’il tue la septième, cette dernière étant celle d’Akoma Mba, chef suprême d’Engong. Tsira Ndong Ndoutoume, devenu sourd, a cessé de tenir son instrument Mvet pour le jouer sur du papier. C’est ainsi qu’il publia trois tomes très célèbres et le plus célèbre de tous est le dernier, L’homme, la mort et l’immortalité, publié chez L’Harmattan. Dans ce récit, Obame Andome Ella se décide d’aller demander à son oncle Akoma Mba les raisons du meurtre de son père. Mais c’est une mission quasi impossible, car Angone Zok Endong Oyono a construit un pont de boas sur le fleuve Dzame Anene, frontière naturelle entre le pays des mortels et le pays des immortels.

Mais le Mvet n’est pas mort avec la mort de ces grands maîtres. D’autres jeunes artistes ont pris la relève, parmi lesquels, Mezui me Ndong, Étougou Ndong, Ndong Bibang... Ils parcourent actuellement le pays Fang avec leurs mélodies et cet éternel merveilleux récit ontologique, le mvet. Le mvet embrasse toute la vie culturelle des fang. Il est chargé de souvenirs exaltants. Il enseigne le courage, la liberté, la sagesse, le dévouement absolu à la communauté, le respect des anciens. Elle reste alors une philosophie totale pour les initiés et ceux qui l'assimilent.

De l'autre concept, nous dirons simplement que le mot Ondzabogha signifie A bôk adzap, « Creuser l'adzap » ; Adzap étant le nom d'un arbre particulièrement immense et dur, ce mot résumerait la détermination du peuple Fang à franchir les obstacles dressés sur sa route pour trouver sa « terre promise », un havre de paix.


Le Mvet et la mythologie grecque

La mythologie grecque fournit des similitudes étonnantes avec ce que nous savons déjà de la littérature héroïque du Mvet. Pour les grecs, les générations divines sont issues de l'Union du Ciel (Ouranos) et de la Terre (Gaia). Ils constituent les deux moitiés de l'Oeuf. Eros (Amour) naquit à la suite de cet acte. Plusieurs notions sont communes entre ce mythe grec de la création et le Mvet, principalement : le Vide originel qui est matrice de l'univers ; l'Oeuf dont les deux parties se séparent et engendrent le Ciel et la Terre ; et, enfin la naissance de l'Amour, avant toute génération divine.
Le Mvet reste d'abord une cosmogonie, puisqu'il explique la formation de l'univers à partir d'une explosion initiale ; il est ensuite un récit merveilleux d'aventures épiques de personnages imaginaires mais constants : les mortels aux prises avec les immortels pour tenter de leur ravir le secret de l'immortalité, sinon de rivaliser en bravoure, force, courage et intelligence, sagesse et prospérité.
Par son contenu, le Mvet est donc une mythologie mais une mythologie, qui non seulement explique le cosmos mais règle aussi les rapports entre vivants, entre vivants et morts et entre l'homme et son Dieu. Car les Fang sont monothéistes : le créateur suprême est Eyo ou « Le Nommant », c'est-à-dire « Celui qui en parlant crée ».

Le Mvet et la technologie

Ce qui surprend sans doute au-delà de tout dans la littérature héroïque du Mvet, ce sont les moyens de locomotion. Les Ekañ se déplacent avec une grande facilité dans les airs, d'une planète à une autre, et d'un astre à un autre : "c'est alors que les seigneurs frappèrent le sol kpwo ! Ils s'élevèrent dans les nuages où leur passage fit entendre un bruit semblable à celui-ci : douk! douk! douk! douk! Les gens demandèrent à leur passage : qu'est-ce qui fait ce bruit dans les nuages?"[...]Vous conviendrez avec moi que les fils d'Ekañ, les heros du Mvet, les purs et durs, voyagent très facilement de la Terre vers la Lune ou le Soleil. La littérature héroïque du Mvet nous entretient sans cesse, avec des détails nombreux et étonnants à l'appui, des "Venus-des-Cieux" d'ascendance divine qui se déplacent dans l'espace à bord d'étranges machines qui font entendre derrière elles un bruit de tonnerre.
Le Mvet est la tradition la plus ancestrale qui prépare parfaitement les peuples africains en cours de développement à vouloir conquérir et mieux accueillir les progrès de la science et de la technologie ultra-modernes. Le Mvet, profondément enraciné dans le passé, est donc un art essentiellement tourné vers l'avenir, c'est-à-dire vers le progrès scientifique et la modernité. En ce sens le Mvet fonctionne tour à tour comme la prophétie, et comme la science-fiction. En effet, le Mvet laisse entendre que le Paradis perdu par nos Ancêtres sera retrouvé sous forme d'un Age d'Or à conquérir par les générations futures, aidées en cela par toutes les générations qui les auront précédées.


Les grands personnages du Mvet

Engong, précisons-le, c'est le pays de la descendance d'EKANG NNA. De cette celle-ci se dégage trois clans principaux, le quatrième étant moins important. Ces clans s'articulent autour de quatre noms : Mba Evini Ekang, Endong Oyono Ekang, Meye m'Ango Ekang et Okome Ekang (le moins important).

Les attributs divins du Mvet forment les surnoms qui servent à désigner chaque héros du Mvet en glorifiant chacune de ses aptitudes. Chaque fils d'Engong en a au moins un surnom révélateur.

EKANG NNA : Descendant de KARE MEBEGUE, il constitue la cinquième (5) génération et incarne la parternité même d'Engong. Il eût dix enfants dont une fille au nom de OKOMO EKANG (mère du père spirituel du Mvet, OYONO ADA NGOANE).

EVINI EKANG : Père de MBA EVINI, c'est le premier enfant de Ekang Nna (fondateur de cette dynastie).

OYONO EKANG : Père de BEKA b'OYONO et ENDONG OYONO.

OKOMO EKANG (alias ADA NGOANE, condamnée au célibat endurci): Mère d'OYONO OKOMO (OYONO ADA NGOANE) et EBE OKOMO.

ANGO EKANG : Père MEYE m'ANGO EKANG. C'est un patriarche d'une des plus grandes descendance de mvok Ekang.

MBA EVINI : Il eût au moins sept enfants : AKOMA MBA, ONDO MBA, OTOUANG MBA, ENGBWANG MBA, ABIEREMANE MBA, OYONO MBA, NSING BERE MBA... Il est sans doute le père de la plus grande famille d'Engong.

AKOMA MBA : De son vrai nom Biyang bi Mba est le fils de Mba Évini Ékang et de Bella Mindzi mi Ndong Obame. Chef suprême d’Engong. Akoma Mba est donc un pseudonyme parmi ses nombreux autres. Ce pseudonyme lui vient de son « initiation » qui s’est accomplie alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère. En effet, à la naissance de Biyang bi Mba, deux sagaies ont précédé l’arrivée au monde de celui-ci. Akoma Mba signifie donc le Naturellement Initié fils de Mba ou "Talisman de Mba". Celui qui apprend à écouter le Mvët doit comprendre qu’en entendant Obangôm Ndoma Mba, Nsem dzing Bella, Mbayän, Otété mam, Bang mii, Essii ébaa melôo, Ékokô nsông, il s’agit ni plus ni moins d’Akoma Mba. Il est neveu de la tribu Essangom ou encore Essighle si du village Essola mekora chez Mindzi mi Ndong Obame Esseign édzoghe mewöng, éwoumekoulou, gendre de la tribu Yemimbiíí. Il a un fils unique : ONDO BIYANG. AKOMA, c'est le chef suprême d'Engong. Le Roi des Rois, l'Invicible, celui pour qui le secret n'a pas de secret. C'est le Refuge des nations, celui qui a fermé sa porte à la Mort, celui qui écoute les années. C'est le Tout Puisant, la Sagesse, la Connaissance, le Guide.

MEDANG BORE : Sâge et ancien guerrier. C'est le compagnon d'Akoma Mba car il est le Brave des Braves.

ONDO MBA : Père de quatre fils dont le célèbre EGBWANG ONDO. Sâge et ancien guerrier. Ondo Mba, akii y’ayoo atôô mintsang anu ane Kossâa. O mare Ondo o'wuégn, azomo ki Ondo o'wouang. En d’autres termes, Ondo est aigre et amère, provoquant des démangeaisons au gouté. C’est l’homme le plus difficile à vivre, car si tu évite Ondo, tu meurs et si tu le supporte tu meurs. Il est neveu du village Nfâa Mekok Mfâa Medzap. Cet autre fils de Mba Évini Ékang est le père d’Engoang Ondo et de Nkoghe Ondo, entre autres.

NDJOBE EKANG alias Angunbere : c'est le gardien des talismans.

ETOUANG MBA : Sâge et ancien guerrier, lutteur invicible. C'est le père du célèbre MEDZA m'OTOUANG MBA et bien d'autres enfants. Comme Ondo Mba, Etouang Mba ou Otouang Mba est un autre fils de Mba Évini Ékang, donc frère d’Akoma Mba.

MFOULOU EGBWANG : Sâge et ancien guerrier.

ANGOUROU BERE OTSE : Angoung Bere Bifiè, Ndong Éyale Anou ane mone ngoane bekui y’édoung ngôm, ndomän bengoane be dzam douma. Il est neveu des Pygmées du village Édoung ngôm, fils des Tisserins destructeurs de nids.

MEDZA m'OTOUANG MBA : c'est l'homme le plus beau d'Engong, guerrier de tout premier plan. Il estime être le seul, du clan Mba, à même de pouvoir prendre la place du chef Engoang Ondo si le cas devait se présenter un jour.

EGBWANG ONDO : guerrier de choc, il est le chef des Armées et de la Sécurité d'Engong avec NDOUTOUMOU NFOULOU. Il apparait comme le symbole de la paix et de la bonté même si sa fonction, tellement ingrate, l'oblige souvent à faire la guerre.

NZE MEDANG : Impétueux, brave et puissant comme son père MEDANG BORE. C'est un guerrier de choc.

ANGONE ZOK : Maire d'Engong, guerrier de choc. Il est le Redoutable destructeur, celui qui ramolit le fer.

NDOUTOUMOU NFOULOU : il est le chef des Armées et de la Sécurité d'Engong, guerrier de choc également.

OBIANG MEDZA : Jeune guerrier, il est incontestablement le plus puissant des guerriers de la lignée de Medza m'Otougou.

ONDO BIYANG : jeune guerrier, fils d'Akoma Mba. En fait, le vrai nom du chef Akoma, est Biyang bi Mba. Akoma dérive de l'expression "akomeya ou akomega" (talisman).

Les aptitudes des héros du Mvet sont légendaires. Ils forment trois descendances : les Rocs issus de Mba Evine; les Fers issus d'Oyone Evine et les Marteaux issus de Meye me'Ango. Il existe un Conseil des Anciens pour les fils de DIEU (les Immortels). Dans celui-ci siègent :
Trois Rocs : AKOMA MBA, le roi des rois; ANGOUNG BERE OTSE EKANG, Prophète et Devin qu'on appelle encore Nnomo-Ngang, c'est-à-dire le vieux-remède; enfin NSING BERE MBA, père du célèbre Nguéma Nsing Bere.
Deux Fers : MEDANG ENDONG ou MEDANG BORO et MEDZA METOUGOU.
Un Marteau : MFOULOU ENGBWANG.

Les héros de la guerre chez les Ekang sont au nombre de huit, en dehors du Conseil des six :
Trois Rocs : ENGWANG ONDO; ONDO BIYANG et NGUEMA NSING BERE.
Trois Fers : ZE MEDANG; ANGONE ZOK et OBIANG MEDZA.
Deux Marteaux : NDOUTOUMOU MFOULOU et MENGONG me MFOULOU.

Il est important de rappeler que toute mission plurielle à Engong doit obéir au principe du triple (trois, six, ou neuf guerriers représentant chacune des trois grandes familles.)


Le quotidien des barbes :

Conteurs autant que musiciens, les Mbom mvet ou barbes d'autrefois allaient de village en village pour apprendre aux gens, et surtout aux jeunes l'histoire de leurs ancêtres. A l'époque coloniale, ils enseignaient la méfiance à l'égard des méfaits de la colonisation (par exemple Akuè Ebo s'était spécialisé dans la dénonciation des travaux forcés et la dictature des compagnies forestières). Ils prévenaient aussi les populations contre les tares et corruptions de la société actuelle. Précisons que le Mbom mvet est un homme libre. Il n'appartient pas à une caste, contrairement aux griots d'Afrique de l'Ouest qui, malgré leur extraordinaire adaptation à la société moderne, subissent encore le poids d'une société féodale les asservissant aux "nobles". Son statut le définit comme un marginal, libre de dire ce qu'il veut sur n'importe qui, et de critiquer la société comme il lui plaît.
En marge de leur art, ils mènent une vie simple comme tous les autres villageois. Par exemple, Akuè Ebo squattait avec les siens une jolie clairière où il jardinait amoureusement sa plantation de cacao entre ses tournées de mvet. Les jeunes barbes d'aujourd'hui sont pour la plupart instruits, on les retrouve aussi bien dans l'administration publique et au privé.

Des plus grands barbes :

Cette liste est loin d'être exhaustive, veuillez m'en excuser. Le pays fang, aussi grand soit-il, a eu on ne peut plus de virtuoses du Mvet, en voici quelques-uns aujourd'hui disparus mais vivants à travers leurs oeuvres :

OYONO ADA NGONE :

C'est le Messie du mvet, c'est celui qui, venant du pays d'Engong (les Immortels) a apporté le mvet aux Beti (les Mortels). Il est à la fois le père et l'ancêtre du mvet car le Mvet lui a été révélé durant la grande migration des fils d'Ekang (les Beti).

EBANG Eli Mintem : tribu Oyeck (Guinée équatoriale), créateur de l'école du Ngwéza. c'est à lui que la version moderne du Mvet (tel qu'ilest joué aujourd'hui) a été révélé selon le grand maître Eyi mon Dong. le style majeur est Angonemane Ekome (cousine d'Ebang et Grande Maîtresse du Mvet) s'est imposée.

EFFANDENE MVE : Tribu Essandone (Guinée équatoriale), créateur de l'école de Meye Me Nguini qui, malheureusement a eu moins d'éclat que la précédente.

MENGUIRE M'EDANG : Tribu Essokê (Guinée équatoriale)

EDOU ADA : tribu Eba'a (Gabon)

EKÔ'O BIKORO : grand artiste et père du talentueux MVOMO EKÔ'O Emmanuel, de tribu Essatouk (Gabon).

ZUE NGUEMA : tribu Yenguï (Gabon):

Hymnode de génie, le maître Nguema déroulait son récit pendant plusieurs jours. Il a créé un style de mvet dit "style féminin" marqué par une finesse, dextérité et une limpidité invraissemblable. Ce style était très prisé par la gent féminine. Le barbe dansait le Mvet comme visité par les génies de cet art de l'invisible.

OSOMO Daniel (Bulu du Cameroun): Tribu Ngôé.

Il était l'un des plus célèbres poètes chanteurs et danseurs du Mvet du Sud-Cameroun. C'était un vrai poète chanteur et danseur de Mvet. Originaire du vllage Nkolafendek, sur la route principale de Sangmelima à Djoum dans la province du Centre-Sud du Cameroun.

ESSONO OBIANG ENGONE (Guinée équatoriale)

EBO OBIANG : du village Yama à Ambam (Cameroun).

AKUE EBO Joseph (Cameroun)

Akoué Ebo était un des derniers grands Mbom mvet de la région Sud Cameroun. Il interprétait avec une rage et une verve intarissables ce chant épique des Fang. Akoué Ebo Joseph (paix à son âme) fut assassiné près de Bitam (Gabon) sans avoir jamais pu enregistrer la cassette de ses rêves dans son pays natal, le Cameroun.

ASSOMO NGONO ELA : femme boulou du Cameroun.

MVOMO EKÔ'O Emmanuel : tribu Essatouk (Gabon):

Il est reconnu par les adeptes du Mvet comme le maître de la lyre. Il jouait de la harpe comme du balafon. Il maniait l'art musical une finesse incroyable. Mvom rompt la gamme classique, célèbre le chiffre 9 dont il nomme le mystère. Il chante et danse le Mvet comme jamais harpiste avant lui. Mvomo Eko Bikoro, le plus précoce et le plus affermi de nos génies musicaux, a su défier et nier la Mort et consacre ainsi l'éternité de l'art musical et proclamme la souveraineté et la perpétuité du Temps.

AKUE OBIANG David alias Vidvid : tribu Eba'a (Gabon):

Tout comme le jeune Mvomo Ekô'o, c'est le maître de la lyre à laquelle s'ajoute le rire. Ce viel homme débordait de visions et de genie. D'ailleurs son génie l'a amené à imiter le langage de tous les oiseaux connus en pays fang. Son mvet a reconfiguré l'onomastique d'Engong. Il inaugure donc la période postmodernité du Mvet. Abiè (jeu de cartes), son récit le plus prophétique, porte sur la démocratisation alors qu'on était encore sous la dictature dans la sous-région. Il prévient contre la résistance monopartiste face aux aspirations du peuple à la libération des institutions et à l'alternance politique en vue de l'instauration de la prospérité. Il oppose cette résistance non raisonnée et anarchronique la culture du mérite et de la compétition qui, seule, peut amener un Etat à reconquérir sa légitimité auprès d'un peuple largement désabusé par l'épuisement de ses rêves.

EYI NKOGHE alias Moan Dong : tribu Dong ou Bekwègn (Guinée équatoriale):

Il avait des pouvoirs mystiques lui permettant d'entendre en direct un diseur en action aussi loin qu'il puisse être. Il affirmait qu'il était l'intermédiaire entre le monde des morts et les diseurs de Mvet.

TSIRA NDONG NDOUTOUMOU : tribu Yenguï (Gabon):

Tsira est, au Gabon, une personnalité qui marquera toujours l'esprit des mvetéens. Il a immortalisé le Mvet en transposant certains fragments, la pensée philosophique sur du papier. Il a rejoint Eyo en aôut 2005.

Il y en a bien d'autres encore...


Engong et Oküi

Engong, diminutif d'Engong Zok Mebegue me Mba, est le pays des immortels tandis qu'Oküi est celui des mortels. Le premier est la terre de la descendance ÉKANG NNA avec comme Dieu Kare Mebegue, c'est aussi Nkiegn (le Sud). Les peuplades d'Oküi, issus d'ETOURA NDONG, ont pour Dieu Ndong Mebegue. Les Esprits Kare et Ndong sont de même père Mebegue me Nkwa. Au pays d'Engong, habitent donc les descendants d'Ekang N'na Mengome. Ils sont réparties en trois grandes familles fraternelles patriarches : la famille Ondong Beme (ébor Ondong), la famille Mba Evine (ébor Mba) et la famille Meye m'Ango (ébor Meye). Ngueme Ekang, après s'être donné volontairement la mort, et Enbgwang Ondo après avoir arraché au soleil et à la lune le secret de leur longévité, les ont rendus immortels. Mais seuls leurs membres mâles le sont. Tenaces, audacieux et courageux, ils possèdent des objets magiques d'un pouvoir supérieur à ceux de leurs adversaires du pays d'Oküi, le Nord. La guerre est leur principale activité et leur raison de vivre. Celà a d'ailleurs valu au peuple fang plusieurs qualificatifs, des préjugés de la part de certains missionnaires européens partis à la rencontre de ce groupe ethnique : souvent traités de querelleurs, belliqueux, arrogants, cannibales.
Au levant, Oküi, vivent une multitude de tribus avec des guerriers aussi exceptionnels et puissants, mais mortels et toujours isolés face aux gens d'Engong.


Onomastique géographique et humain d’Engöng

Engöng : Diminutif d’Engöng Zok Mebeghe me Mba qui est, lui-même, diminutif d’Engöng Zok Memveme angà vôr beghe Mba, en d’autres terme, ce nom se traduit en français par Engöng où Zok Memveme ne put porter Mba. C’est le pays où habitent les descendants d’Ékang Nna, les immortels. Sa frontière naturelle avec le pays du nord – les mortels – par le grand fleuve Dzam Anën ou encore Ndzömo Anën éboura mengàng. Dans le nord d’Engöng se situe Mvëng Ayong, le village de Nfoulou Engouang et dans le sud se trouve Nkoló, le village de Bengone Ebè.
Nnyëng Nnam : Nnyëng Nnam ou Évoua Nnam est le village de Medza Metougou Endong Oyone
Mvëng Ayong : le village de Nfoulou Engouang
Nkol Bingokom : le village d’Angone Zok Endông Oyono
Zang Nfoua : le village d’Étouang Mba
Bikalik : le village de Beka b’Oyono Ékang jeune guerrier de choc
Ovëng Mengama : le village d’Angoung Bere Otse
Nsëng Ndama : le village de Ze Medang
Binguënguëng : le village de Medang Bore Endông Oyono
Adzap Élou Nkol, Wore Zok ou Nguïng Nlô :

QUELQUES IMAGERIES DU MVET


Evolution de l'instrument MVET (source: Assoumou Ntoumou D.)

LE GRAND MAITRE AKUE OBIANG (Mis mese m'abebe)


La dépouille mortuaire du grand maître Akuè Obiang


L'enterrement du grand maître Akuè Obiang
Clichés : Bingono Meba, 1985.

LE GRAND MAITRE ZUE NGUEMA__(L'audio du Grand ZUE)


LE GRAND MAITRE EBO OBIANG


Clichés : M.L. Nkoa Zé, 1967.

LE GRAND MAITRE EDOU ADA

LE GRAND MAITRE ESSONO OBIANG

LE GRAND MAITRE MVOMO EKO BIKORO

LE GRAND MAITRE EYI NKOGO

LE GRAND BIBANG bi NDONG

Une GRANDE MAITRESSE du Mvet, Mme ASSOMO NGONO ELLA

GRAND MAITRE NGBWA, poète Boulou du Cameroun.


Il est originaire du village Mefô (Dja et Lobo).
Cliché : M.L. Nkoa Ze, 1967.

GRAND MAITRE OBATE Vincent, poète Boulou du Cameroun (Dja et Lobo).


Clichés : Eno Belinga, 1970.

LE GRAND MAITRE OSOMO Daniel


Clichés : Eno Belinga, 1967.

LE GRAND MAITRE NZUE NGUEMA Emmanuel


Cet ancien instituteur, disparu tragiquement à Oyem, disait du Mvet en français.

LE GRAND MAITRE NSONE NDONG



LE GRAND MAITRE EDO OBAN (Cameroun)


© Gérald Arnaud


LE GRAND MAITRE AKOU (Cameroun)


© Gérald Arnaud

LA RELEVE : tout l'espoir d'un peuple


Clichés : Bingono Meba, 2003.

Le jeune maître Mvet, NDONG BIBANG bi NDONG de Mimbayôm Essangui (Oyem, Gabon), disant le mvet dans un corps de garde (Abà), manie son mvet (instrument) avec finesse. Ces trois entités sont intimement liées et indissociables. Nous précisons que le diseur de mvet (mbom mvet) est dit Mvet, l'épopée qu'il énonce est aussi Mvet, la harpe est également mvet. Cette épopée est un ensemble de récits d'aventures héroïques. Elle nous dit le commencement du monde, raconte l'histoire de la migration du groupe Fang et magnifie le quotidien. Quant à l'instrument musical (Cf. Photos de cette page), c'est une harpe de quatre à cinq cordes, un bout de bambou de raphia (Zame) dont on a décroché ou décollé quatre ou cinq fibres sur toute la longueur. Un mince et long chevalet érigé sur la paroi les soulève par le milieu à différentes hauteurs. Des anneaux en liane placés aux extrémités servent à accorder comme des clés de violon. Trois calebasses coupées fixées sur la tige servent de caisse de résonnance. Chaque corde est divisée en deux par le chevalet.


Quelques jeunes barbes, notre espoir. / Le maître OWONO MBA en action.



Le son que vous écoutez est de feu ZUE NGUEMA du village Anguia (Oyem, Gabon).
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